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6 mai 2017 6 06 /05 /mai /2017 12:32

François,

je connaissais un peu Christiane Tricoit, tu m'apprends son décès.

Je ne connaissais pas son métier. C'est étonnant le nombre de correcteurs à
Romainville puisque j'y connais aussi un ancien correcteur aux éditions du
Cherche Midi, et une ancienne correctrice aux éditions Larousse. Tant de
correcteurs en ville, et tant d'horreurs grammaticales et lexicales dans le
bréviaire municipal !

J'ai lu à l'époque le livre issu de votre atelier d'écriture "Romainville avant
le métro" (une amie bibliothécaire, qui faisait partie de votre groupe
m'avait proposé d'y participer mais, échaudé à l'époque par une aventure
collective qui avait fini en jus de boudin, j'avais décliné). J'ai appris
beaucoup de choses dans ce livre, sur Romainville avant que j'y arrive et sur
chacun d'entre vous. Tu t'y livrais simplement.

A l'époque - je n'ai pas changé d'avis - je râlais contre l'arrivée de ce
satané métro. J'ai failli écrire une sorte de prolongement à votre livre qui ce serait appelé "Romainville après le métro". Mon sentiment était que cette histoire de métro n'était qu'un écran de fumée destiné à masquer une immense opération immobilière régionale et à servir quelques ambitions personnelles sur le compte de populations aisément séduites. Et nous savons aussi que lorsque la machine économique est en panne on fabrique du PIB comme on peut.
Mes amis romainvillois me parlaient avec envie du prolongement de la ligne 11, du quart d'heure gagné pour se rendre à Châtelet (ce quart d'heure gagné dans des rames bondées, gonflées par les populations de Rosny, de Noisy, de Montreuil et par les voyageurs de la ligne E du RER ; 1,3 milliard d'euros que leurs enfants et petits-enfants allaient devoir payer) ; ils me parlaient aussi avec gourmandise de la valorisation de leur patrimoine immobilier, incapables qu'ils étaient de comprendre combien je désirais que le prix de mon propre papillon soit divisé par deux ...pour que leurs enfants et petits-enfants ne soient pas obligés, à l'âge de quitter le nid, d'aller habiter à Melun, chassés par la spéculation qui les faisait rêver !. Toujours la même double pensée, toujours chérir les causes dont on déplore les conséquences.
J'aurais appelé ce bouquin "Romainville après le métro" pour raconter ce qui se passe aujourd'hui dans notre ville.
Destruction des villes en temps de paix (*). Une poignée de personnes ambitieuses et stupides – faisant l'histoire mais ne sachant pas l'Histoire qu'elles font, selon la formule consacrée - aura réussi à détruire ce qui avait résisté à deux guerres mondiales.

Il fait beau dehors, je vais jardiner...
A bientôt l'ami,

Jean-Luc

 

 

(*) Tu le sais François, j'emprunte cette phrase au titre d'un court chapitre du livre de Jean-Claude Michéa « L'enseignement de l'ignorance et ses conditions modernes », paru il y aura bientôt vingt ans aux éditions Climats. L'auteur me contredit d'ailleurs, lorsque j'insiste sur les personnes responsables (disont les Corinne Valls de façon générique, comme on dit les Tartuffe) ; voici ce qu'il écrit (page 70) :

« C'est ainsi que la destruction présente des villes est un phénomène qui serait assez peu compréhensible si on se bornait à y voir un effet des seules lois de la spéculation immobilière, complété, ici ou là, par les variantes locales de la mégalomanie des élus. En vérité, l'urbanisme moderne est, par définition, inséparable d'un projet politique autonome. Et à mesure que le système capitaliste étend son règne, ce projet doit nécessairement inclure, de plus en plus clairement, la nécessité de briser la vieille capacité politique des classes populaires, en assurant les conditions matérielles de leur atomisation (qui exige, par ailleurs, toute une politique culturelle (1) ) et, par voie de conséquence, le démantèlement – habituellement baptisé rénovation – de leurs quartiers traditionnels et des formes de vie correspondantes. »

 

(1 - cette note est de moi) Cette « politique culturelle » est confiée à des Weisselberg (encore un nom générique François, j'ai eu l'occasion d'en rencontrer beaucoup d'autres ailleurs qu'à Romainville), ou bien - ultime finesse - aux promoteurs immobiliers eux-même (FIMINCO créant une fondation d'art contemporain aux Bas-Pays). Afin de couvrir de festif le bruit des bulldozers, et de mettre de la Culture où il n'y a plus de culture. Les artistes recrutés pour ces opérations d'escamotage devenant en quelque sorte des agents d'ambiance.

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Published by Jean-Luc - dans Culture
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